Anne-Laure Biance
Institut Lumière Matière (ILM), Lyon
Adhésion, friction et plasticité entre fibres : du repassage à la laine de verre
Depuis sa thèse sur des dynamiques de gouttes en particulier en régime de caléfaction soutenue en 2004, Anne-Laure Biance a développé des activités de recherche, essentiellement expérimentale, dans le domaine de l’hydrodynamique interfaciale dans des situations complexes (nanofluidique, electrocinétique, dynamique de bulles, interfaces savonnées, mouillage).
Daniel Braithwaite
IRIG-PHELIQS, Université Grenoble Alpes, CEA, Grenoble
Exploring Spin-Triplet Superconductivity in UTe2 in Extreme Conditions
Daniel Braithwaite est directeur de recherche à l’Institut IRIG du CEA-Grenoble. Ses travaux combinent le développement d’instrumentation dédiée aux mesures sous pression et la réalisation d’expériences en conditions extrêmes — basses températures, champs magnétiques élevés et hautes pressions — appliquées aux systèmes à électrons fortement corrélés. Il s’intéresse particulièrement à la supraconductivité non conventionnelle coexistant avec l’ordre ferromagnétique dans plusieurs composés de fermions lourds à base d’uranium. Plus récemment, ses recherches se sont concentrées sur le système UTe2, dans lequel il a mis en évidence l’apparition de multiples phases supraconductrices sous pression.
Mairbek Chshiev
SpinTec, Grenoble
Multiscale engineering of spin-orbit effects in nanostructures based on interfaces of transition metals, oxides and 2D materials
Mairbek Chshiev est un professeur de physique spécialisé dans les phénomènes spintroniques et la structure électronique des matériaux pour la spintronique. Son expertise couvre la théorie de la matière condensée et la science computationnelle des matériaux, y compris les approches ab initio, liaisons fortes et diffusive. Il a obtenu son doctorat à l'Université d'État de Moscou (1997) et son habilitation à l'Université Joseph Fourier (2008). Après des travaux postdoctoraux en France et aux États-Unis, il a rejoint l'université d'Alabama avant de s'installer à Grenoble en 2008 en tant que titulaire d'une chaire d'excellence de la Fondation Nanosciences au laboratoire SPINTEC, où il dirige le groupe Théorie et modélisation. Il a également dirigé l'École européenne des nanosciences et des nanotechnologies (ESONN) entre 2017 et 2023. Il est membre senior de l'IEEE et membre de l'APS et de l'EMA, et a été nommé membre senior de l'Institut universitaire de France en 2020. Il a apporté des contributions essentielles à la compréhension des effets spin-orbite interfaciaux et du tunneling cohérent dans les jonctions tunnel magnétiques (MTJ), notamment sur (i) l'anisotropie magnétique perpendiculaire aux interfaces ferromagnétique/oxyde et MTJ ainsi qu'aux interfaces ferromagnétique/graphène ; (ii) théorie balistique du transport de spin et de charge, qui a permis de décrire et de prédire le comportement de la tension de polarisation des TMR et les couples de transfert de spin dans les MTJ ; (iii) l'interaction Dzyaloshinskii-Moriya (DMI) et son contrôle par champ électrique aux interfaces ferromagnétique/nonmagnétique, y compris la prédiction des skyrmions aux interfaces ferromagnétique/matériaux 2D et des aimants 2D autonomes ; (iv) les phénomènes d'interconversion spin-charge (couples spin-orbite, effets spin Hall et Rashba) ; (v) la prédiction des effets de proximité induits par les isolants magnétiques dans le graphène. Au total, il a publié plus de 150 articles dans des revues à comité de lecture et a donné plus de 50 conférences plénières et invitées lors de conférences et d'ateliers internationaux.
Stéphane Collin
Centre de Nanosciences et de Nanotechnologies (C2N), Palaiseau
Des cellules solaires à la fois plus fines et plus efficaces ?
Stéphane Collin est directeur de recherche CNRS au Centre de Nanosciences et de Nanotechnologies (C2N), et associé à l'Institut Photovoltaïque d'Ile-de-France, à Palaiseau. Ses thèmes de recherche portent principalement sur les propriétés fondamentales des nanostructures semi-conductrices (interactions lumière-matière, dynamique des porteurs, spectroscopie optique) et leur application à l'énergie solaire photovoltaïque. Ses travaux récents sont guidés par l'objectif apparemment contradictoire de rendre les cellules solaires à la fois plus efficaces et plus économes en matériaux. Il développe de nouvelles stratégies pour piéger la lumière dans des cellules solaires ultrafines, lutter contre la thermalisation des porteurs de charge (porteurs chauds), et associer différents matériaux dans des cellules tandems. Ses travaux sont soutenus par l'ERC Synergy 2025 UltiMatePV, en collaboration avec l'Université de Freiburg / Fraunhofer ISE (Allemagne) et l'EPFL/CSEM (Suisse).
Aymeric Delteil
Groupe d'études de la matière condensée (GEMAC), Versailles
Top-down integrated quantum photonics with hexagonal boron nitride
Aymeric Delteil est chercheur au CNRS au laboratoire GEMaC (CNRS/UVSQ/Université Paris-Saclay), depuis 2019. Ses recherches portent sur l'optique quantique expérimentale dans les semi-conducteurs. Il a effectué un post-doctorat à l'ETH Zurich, où il a travaillé sur les réseaux quantiques basés sur les boîtes quantiques, ainsi que les propriétés quantiques des polaritons excitoniques. Ses recherches actuelles se focalisent sur les matériaux à large bande interdite, en particulier le nitrure de bore hexagonal (hBN). Il développe des méthodes de fabrication d’émetteurs quantiques, explore leur intégration dans des structures photoniques et étudie leur utilisation dans des expériences d'optique quantique visant à permettre le développement de technologies quantiques.
Christophe Eloy
Institut de Recherche sur les Phénomènes Hors Équilibre (IRPHE), Marseille
Problèmes de navigation pour le plancton
Christophe Eloy est professeur de mécanique à Centrale Méditerranée et effectue ses activités de recherche à l’Institut de Recherche sur les Phénomènes Hors Équilibre (IRPHE). Physicien de formation, ses travaux se situent à l’interface de la physique, de la mécanique, des mathématiques appliquées et de la biologie. Ses recherches actuelles portent sur les interactions fluide-structure, la locomotion à différentes échelles, la croissance et la mécanique des arbres, les mouvements collectifs, la robotique bio-inspirée et le comportement du plancton dans les écoulements.
Mathieu Kociak
Laboratoire de Physique des Solides (LPS), Paris
Nano-optique avec des électrons rapides
Mathieu Kociak est directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), au sein du groupe STEM du Laboratoire de Physique des Solides (LPS) à Orsay, en France. Ses principaux intérêts de recherche portent sur l’étude des corrélations entre la structure et les propriétés optiques d’objets nano-individuels, qu’il aborde à travers une combinaison de développements instrumentaux, d’expériences en microscopie électronique et de théorie de l’interaction électron/matière/photon.
Danijela Markovic
Laboratoire Albert Fert (LAF), Palaiseau
Quantum neuromorphic computing with superconducting circuits
Danijela Markovic est chargée de recherche au CNRS au Laboratoire Albert Fert (CNRS/Thales/Université Paris-Saclay) et enseignante à l’École Polytechnique. Ancienne élève de l’ENS Paris, elle a obtenu son doctorat en physique en 2017 au Laboratoire Pierre Aigrain, puis effectué un postdoctorat au sein de l’unité mixte CNRS/Thales. Ses recherches portent sur le calcul neuromorphique quantique à base de circuits supraconducteurs. Lauréate d’un ERC Starting Grant (QDYNNET), elle développe des systèmes quantiques dynamiques capables d’apprentissage. Elle est également engagée dans l’organisation d’événements scientifiques et dans l’enseignement en physique quantique et calcul neuromorphique.
Sébastien Plissard
Laboratoire d'analyse et architecture des systèmes (LAAS-CNRS), Toulouse
Topological materials and superconductors at the wafer scale
Sébastien Plissard est spécialiste de la croissance cristalline et de la caractérisation des matériaux au LAAS-CNRS, où il dirige l'équipe Matériaux, Procédés et Nanodispositifs (MPN). Il s'intéresse principalement à l'intégration de matériaux topologiques et de supraconducteurs sur des substrats industriels pour des applications dans le domaine de l'informatique quantique et de la spintronique. Depuis 2021 et la création du laboratoire Epicentre (https://epicentre.cnrs.fr/en/), fruit d'une collaboration entre le LAAS-CNRS et RIBER SA, un cluster MBE de pointe est disponible pour le développement de ces matériaux et leur intégration dans de nouveaux dispositifs à l'échelle nanométrique. La réalisation de jonctions hybrides optimisées ouvre de nouvelles perspectives pour la mise au point de nanodispositifs améliorés.
Laurence Ramos
Laboratoire Charles Coulomb (LCC), Montpellier
Saisir l'action enzymatique en temps réel
Laurence Ramos est directrice de recherche au CNRS. Physicienne de la matière molle, elle explore les liens entre la structure, la dynamique microscopique, et les propriétés mécanique et d'écoulement de différents matériaux mous, à base de colloïdes, polymères ou protéines. Portée par une vision collaborative de la recherche, elle a fondé et co-dirige actuellement le Groupement de Recherche SLAMM (Solliciter la Matière Molle) qui vise à structurer et animer une communauté vaste autour de la matière molle et de ses interfaces. Elle pilote également le réseau doctoral européen « Edible Soft Matter », où elle mobilise une communauté interdisciplinaire pour répondre aux enjeux cruciaux de l'alimentation durable.
Thomas Salez
Laboratoire Ondes et Matière d'Aquitaine (LOMA), Bordeaux
Brownian motion at interfaces
Thomas Salez est Directeur de Recherche au CNRS. Il a obtenu son doctorat à l'ENS Paris en 2011, où il a développé une expérience de refroidissement atomique au Laboratoire Kastler Brossel. Il a ensuite rejoint le Laboratoire Gulliver de l’ESPCI Paris, où il a étudié théoriquement la physique des polymères et la transition vitreuse. Au sein du groupe EMetBrown qu'il a créé en 2017 et qu'il anime au LOMA à l’Université de Bordeaux, il étudie, sur les plans expérimental, théorique, et numérique, les propriétés des colloïdes, de la matière complexe et des systèmes microbiologiques aux interfaces. Il est lauréat de la médaille de bronze du CNRS en 2018, du prix Michelin de l’Académie des Sciences en 2023, et des ERC Consolidator en 2021 et Proof of Concept en 2025. Il est éditeur associé à European Physical Journal E et membre invité de l'unité de recherche collaborative sur la matière complexe à l’Université d'Hokkaido, au Japon, et du réseau international de recherche franco-indien sur l’hydrodynamique à petite échelle et la bio-ingénierie. Il enseigne également en master à l'Université de Bordeaux et à l'Institut d'Optique. Enfin, il a cofondé en 2017 au Canada la startup MesoMat qui vise à produire de nouveaux matériaux et des capteurs intelligents pour l’aéronautique et la robotique.